Un tout petit monde

( Une petite aventure… toute personnelle )

Des petites crèmes démentielles (et des croquants dentelle)

Par Ty • 1 avr, 2009 • Catégorie: Chahut en cuisine, Tentations sucrées

Vendredi 27 mars. Za et moi baguenaudons dans les rues de Toulouse. Fatalement, nos pas nous mènent sur la place du Capitole. Je crois que je n’ai jamais vu cette place vide, elle doit pourtant être magique à voir, dépouillée de tout (et de tous), juste portée par sa beauté. Bref. Place du Capitole, donc. Un peu plus chargée encore que d’habitude. En son coeur, un attroupement, une masse presque informe de personnes agglutinées. C’est sans doute assez habituel pour le lieu. Mais là, tout de même, une chose m’intrigue. Que dis-je ? Un son plutôt… un meuglement. Hum ?! Etrange. Ces gens sont-ils en train de tourner un film champêtre en pleine ville ? (Oui, je sais, c’est curieux comme réflexion, mais j’ai - généralement - beaucoup d’imagination). Nous nous rapprochons doucement du rassemblement. Aucune trace de caméras, de lumières ou de quoi que ce soit qui pourrait faire penser à cela. Une manifestation alors ? Oui, oui, probablement. Mais pourquoi des meuglements ?! Nous nous rapprochons un peu plus intimement. De la paille, des vaches (évidemment), de mignons veaux, une sorte de petite ferme improvisée et un chouette slogan : DON DE LAIT.
Oh ?! Du lait, du vrai ? Du pas trafiqué ? Vous n’allez pas me croire, mais, du plus loin que je me souvienne, je ne pense pas en avoir jamais avalé une gorgée. Je regarde Za, les yeux pétillants et la moue gourmande. Za hausse les épaules en me souriant. Le lait n’est pas, mais alors pas du tout, sa boisson favorite. Il n’empêche, ce don a pour vocation d’ouvrir les yeux aux pauvres consommateurs que nous sommes. Il est organisé par l’APLI (Association des Producteurs de Lait Indépendants). Za veut en savoir davantage. Je veux goûter le lait. Nous sommes raccord.
Un jeune producteur nous explique que nous, clients finaux, payons quatre fois plus le litre de lait qu’il ne lui est acheté. Il nous révèle aussi que dans les laits demi-écrémés et allégés, les industriels ôtent la moitié, voire plus, de la matière grasse… matière qu’ils utilisent pour la fabrication de produits lactés à forte valeur ajoutée. (Et là, ‘tention, je dis : STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP ! Je ne participe pas à l’enrichissement ci-avant mentionné, je ne me procure que du lait “bouchon rouge”, même si cela devient difficile à trouver). Il nous parle de la baisse des prix d’achat de son lait. C’est édifiant. Janvier 2009 : 0,34 €/L. Février 2009 : 0,33 €/L. Mars 2009 : 0,30 €/L. Avril 2009 : 0,23 €/L. Il nous communique les prix à la distribution à la mi-mars. C’est révoltant. Candia (entier) : 1,30 €/L. Lactel (entier) : 1,08 €/L. Candia (demi-écrémé) : 0,84 €/L. Lactel (demi-écrémé) : 0,87 €/L. Il nous exprime les revendications des producteurs. Il nous confie leur volonté de réchapper à cette inconvenante situation. Je vais défaillir. Za sort quelques centimes de sa poche. Ils vont servir à payer la bouteille de plastique qui va bientôt contenir le lait cru, tout frais. La bouteille se remplie. L’exalté producteur me la tend. Merci, merci. Je décapsule et fais couler doucement le breuvage. Chut, c’est ma première fois, alors, je fais un voeu : que cette initiative ne reste pas vaine.

Petites crèmes au chocolat et croquants aériens parfumés au citron

Pour 4 coupelles…
120 g de chocolat à 70 % de cacao
15 cl de crème liquide entière
15 cl de lait entier (et non trafiqué)
3 jaunes d’oeufs
30 g de sucre

Pour quelques croquants…
2 beaux citrons non traités
30 g de farine
100 g de sucre roux
50 g de beurre salé

Petites crèmes au chocolat (d’après Christophe Felder). Râper le chocolat (moi, j’ai procédé à la Microplane® et franchement, le résultat - bien que fastidieux - est parfait si l’on veut obtenir une poudre de chocolat qui fondra aisément sous la crème chaude) dans un récipient creux. Verser le lait et la crème dans une casserole et faire chauffer à feu moyen. Mélanger les jaunes d’oeufs et le sucre doucement à l’aide d’un fouet, le mélange ne doit pas blanchir mais néanmoins devenir mousseux. Lorsque le mélange lait/crème commence bouillir, le verser petit-à-petit sur le mélange oeufs/sucre, tout en remuant avec le fouet. Remettre le tout dans la casserole et porter sur feu moyen en remuant constamment à l’aide d’une cuillère en bois. Tourner, touner jusqu’à obtenir la consistance d’une crème anglaise… cela doit napper la cuillère (Pascale Weeks, dans son article consacré explique que la température de l’ensemble doit atteindre 82° C). Verser - en trois fois - la crème obtenue sur le chocolat en remuant vigoureusement, ce jusqu’à l’obtention d’une crème onctueuse. Verser dans des petits contenants. Laisser refroidir quelques instants avant de mettre le tout au réfrigérateur pendant, au moins, deux heures.

Croquants aériens parfumés au citron. Prélever le zeste des deux citrons. Exprimer le jus de ces derniers (environ 6 cl). Faire fondre doucement le beurre. Dans un récipient, mélanger la farine, le sucre et les zestes. Rajouter le jus des citrons et mélanger intimement. Enfin, verser le beurre fondu et légèrement refroidi, puis mélanger à nouveau. Placer le mélange au réfrigérateur pendant 1/4 d’heure. Préchauffer le four à 175° C. Etaler une feuille de papier cuisson sur la plaque du four (ou une plaque à pâtisserie). Prélever un peu de pâte (environ 1/2 cuillère à soupe) et poser sur la plaque en espaçant suffisamment chaque petit tas. Bien étaler la pâte en disque avec le dos de la cuillère. Enfourner pour 5 ou 6 minutes. Surveiller du coin de l’oeil, les croquants doivent s’étaler et blondir juste légèrement. Sortir la plaque du four et laisser refroidir 1 à 2 minutes. Décoller les croquants avec précaution (ils se cassent trop aisément), les déposer sur un support froid et attendre qu’ils durcissent. Evidemment, poursuivre et recommencer ces dernières opérations jusqu’à épuisement de la pâte.

Ensuite, ensuite… il n’y a rien d’autre à faire que de servir ces douceurs. Les crèmes peuvent évidemment se déguster sans les croquants et vice-versa. Ces petites crèmes ont une texture fondante et onctueuse à souhait et un goût fort en chocolat. Prenez garde, on peut très vite sombrer dans l’addiction. Si vous aimez les supplices, attendez le lendemain pour déguster les crèmes, elles n’en seront que meilleures. Les croquants se conservent sans peine plusieurs jours (lorsqu’il en reste) dans une boîte hermétique en fer.


Addendum

Je me suis promenée sur la toile pour dénicher d’autres façons de faire des petits pots de crème au chocolat, et bien sûr, j’en ai trouvé quelques-unes qui méritent que l’on s’y essaye. Notamment…

• Cette recette semble avoir été testée, goûtée, puis testée à nouveau pour friser la perfection. C’est sans aucun doute celle à laquelle je frotterai les palais et papilles aiguisés d’ici sous peu.
Cuisine Campagne / Crème au chocolat.

• Cette autre recette invoque la gourmandise et provoque une terrible réaction : l’envie irrésistible de plonger la cuillère dans le petit pot…
Les petits plats de Trinidad / Les sublimes crèmes au chocolat et au Nutella®.

• Parce qu’on peut lui faire confiance, parce que c’est une référence en matière de “goût”, parce que… (et pour tout un tas d’autres raisons).
C’est moi qui l’ai fait ! / Petits pots de crème au chocolat.

• C’est tout pour le moment…

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4 Réponses »

  1. D’habitude je ne suis pas très “crèmes au chocolat” mais là…

  2. elle est trop fondante j’adore !

  3. Waou..trop beau ,trop bon tout ça!!

  4. ça a l’air délicieux cette petite crème, texture parfaite
    bonne soirée

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